Bella Bellow, la première africaine dans le Club des 27

Yoh le peuple, c’est Solomoni !

Quand on évoque le Club des 27, ces artistes disparus à l’âge de 27 ans au sommet de leur génie, les noms de Kurt Cobain, Amy Winehouse, Jimi Hendrix viennent naturellement. Mais très peu savent qu’avant eux, une voix venue du Togo, douce et puissante, avait déjà rejoint le panthéon tragique :

Bella Bellow, la première africaine du Club.


Née Georgette Nafiatou Adjoavi Bellow le 1er janvier 1945 à Tsévié, au Togo, Bella Bellow était une chanteuse envoûtante, très enracinée dans les mélodies du peuple mina mais aussi capable de s’élever dans les sphères du jazz, du blues et même de la bossa nova. Une voix rare, une voix unique.

Elle monte pour la première fois sur scène au Centre culturel français de Lomé, avant de représenter fièrement son pays au Festival mondial des arts nègres à Dakar en 1966. C’est à ce festival qu’une veritable vedette va naître.
En 1969, elle sort l’album Rockia sous la direction du légendaire saxophoniste camerounais Manu Dibango.

Le succès de l’album et sa voix si particulière la conduit sur les scènes du monde entier, elle est acclamée par tous, elle est l’amie des stars, on lui prête même une relation avec le brésilien Pélé.

Elle enflamme les scènes de l’Olympia de Paris, du Maracanã au Brésil, tout en gardant ses racines : pagne wax, chants en langue locale. Elle ne renie rien, elle sublime tout.

Un depart brusque et tragique.


Le 10 décembre 1973, à l’âge de 27 ans, Bella Bellow meurt dans un accident de voiture sur la route de Lilikopé, au Togo alors qu’elle se préparait à rejoindre Manu Dibango pour une tournée en Amérique du Nord L’Afrique perd alors l’une de ses premières grandes voix internationales.

Pas d’overdose.

Pas de scandale.

Juste un départ injuste, inattendu et incompréhensible.
Elle entre dans le Club des 27.

Un héritage qui résonne plus que jamais.


Bella Bellow, c’est la mère spirituelle d’Angélique Kidjo, la grande sœur oubliée de tant de divas africaines. C’est le blueprint de la femme africaine qui tient la scène du monde juste avec sa voix et sa vérité.

Sa chanson “Blewu”, reprise par Angélique Kidjo lors de la commémoration des 100 ans de l’Armistice de la Première Guerre mondiale à l’Arc de Triomphe à Paris traverse les générations.

Aujourd’hui, des billets de banque togolais et des timbres à son effigie rendent justice à son talent.

Mais le vrai monument, c’est ce qu’elle a gravé dans les cœurs : l’assurance que l’Afrique a toujours chanté, même quand le monde ne voulait pas l’écouter.

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