Qui est Tiss Warren Jazz ?
De son vrai nom Tiss Warren Mombo, Tiss Warren Jazz est né le 7 juin 1992 à Port-Gentil, au Gabon, dans une famille où la musique coulait comme une évidence. C’est aux côtés de son père musicien qu’il grandit, absorbant chaque note, chaque silence, avant de se former sérieusement au piano jazz, blues, puis à la guitare.
Son style mélange jazz, afro, pop et hip-hop, tissé de rythmiques et d’instruments africains qui ancrent chacune de ses œuvres dans une identité profonde et assumée.
Producteur, chanteur et entrepreneur, Tiss Warren Jazz est de ces artistes rares qui construisent leur univers pierre par pierre, sans jamais trahir leur âme.
Avec L’Humain, il ne livre pas seulement un projet musical.
Il offre une confession.

Au cœur de l’Humain : cinq titres, un voyage

Il y a des projets qu’on écoute, et il y a des projets que l’on ressent.
L’Humain appartient à la deuxième catégorie.
En cinq titres seulement, Tiss Warren Jazz réussit ce que beaucoup d’artistes cherchent toute leur carrière : dire la vérité.
Celle qui fait mal, celle qui guérit, celle qui aime et celle qui espère.
Un EP court, mais dense comme une vie entière.
Bokayé
Tout commence par un silence.
Pas n’importe lequel, celui qu’on impose quand quelque chose de sacré est sur le point de se produire.
Dans le rite traditionnel Bwiti du Gabon, Bokayé est l’invocation qui appelle au silence et au respect lorsqu’un esprit est convoqué.
En choisissant ce mot pour ouvrir son EP, Tiss Warren Jazz ne fait pas que rendre hommage à ses racines il pose les règles du jeu. Ici, on ne bavarde pas.
Il chante cette invocation avec une conviction qui traverse la peau. Dans sa voix, on entend tout ce que ce geste représente : le respect des ancêtres, la continuité d’une culture vivante, la fierté tranquille d’un homme qui sait d’où il vient.
Une ouverture d’une rare profondeur.
De base
Il y a une force particulière chez celui qui sait regarder en arrière sans amertume.
Tiss a cette force-là. Dans De Base, il se retourne sur le chemin parcouru qui n’a pas toujours été facile.
Il y a eu des doutes, des nuits où la foi vacillait, des moments où personne ou presque ne croyait encore à ce rêve qu’il portait. Mais il y a aussi eu des mains tendues, des présences discrètes qui ont tenu
bon quand tout semblait vouloir lâcher.
C’est à ces personnes là qu’il s’adresse avec une gratitude qui ne cherche pas à être spectaculaire, juste profondément sincère.
Et puis il se tourne vers ceux qui, aujourd’hui, vivent ce qu’il a vécu, ceux qui se battent dans l’ombre, qui continuent malgré les coups.
Il leur dit : « tenez bon !« .
Pas comme une formule vide, mais comme quelqu’un qui sait ce que ces mots coûtent et tout ce qu’ils valent.
Kolokala
Le tempo change, l’énergie aussi.
Kolokala arrive avec ses sonorités Afropop plus urbaines, plus affûtées et un propos qui l’est tout autant.
Tiss Warren Jazz a quelque chose à dire à ceux qui font de belles promesses et disparaissent dès que la route devient difficile, à ceux qui abandonnent quand l’effort commence vraiment à ceux dont les mots sont doux mais les actes absents.
Il ne crie pas, il ne règle pas ses comptes avec fracas.
Il avance, simplement, les yeux droits devant, sans accorder à ces voix le pouvoir de le ralentir.
C’est la suite naturelle de De Base : après la gratitude envers ceux qui sont restés,
vient la liberté souveraine de se détacher de ceux qui sont partis.
Une leçon d’élégance autant que de résilience.
Ma Note Sacrée (Ngombi)
Et soudain, tout s’apaise.
Le ngombi, cette harpe sacrée du Gabon, instrument des cérémonies traditionnelles, pont entre les vivants et les
ancêtres entre dans la danse.
Avec lui, quelque chose d’infiniment précieux, Tiss Warren Jazz s’adresse à celle qu’il aime.
Il lui dit qu’elle est sa note sacrée, pas une métaphore creuse mais une
conviction profonde et ancrée.
Il compare leur amour à ce que le ngombi représente : quelque chose de pur, d’ancien, de plus grand
qu’eux deux. Un lien qui transcende le quotidien et résiste au temps.
Et puis il y a cette imploration, douce et bouleversante :
« …n’oublie pas les promesses que nous nous sommes faites... ».
Comme si l’amour, pour durer, avait besoin d’être rappelé à lui-même et que les serments
méritaient d’être chantés, encore et encore, pour ne jamais s’effacer.
C’est la plus belle déclaration de l’EP.
Peut-être de toute sa discographie.
S.O.S
On pensait avoir tout entendu.
Tiss Warren Jazz s’adresse à son enfant et dans ces quelques minutes, il dit tout ce qu’un père porte en lui sans toujours trouver les mots. Il lui dit que son arrivée a tout changé et que le monde a pris une autre couleur, que la
vie a trouvé un sens nouveau, plus grand, plus urgent, plus beau. Il lui promet d’être là.
C’est une lettre d’amour d’une simplicité qui la rend inoubliable.

Ce qu’on retient…
Il existe des œuvres qui divertissent, et il existe des œuvres qui transforment.
L’Humain appartient à la seconde famille.
En cinq titres, Tiss Warren Jazz a réussi quelque chose de rare : raconter une vie, ses blessures, ses gratitudes, ses amours, ses combats, sans jamais tomber dans le pathos ni la facilité.
Il y a dans cet EP une maturité désarmante.
Celle d’un homme qui a traversé l’épreuve, qui a regardé le doute en face et qui a choisi, malgré tout, de continuer.
De croire. D’aimer. Et de chanter tout ça, sans fard.
De Bokayé à S.O.S, le voyage est complet.
On entre dans l’EP par le sacré et on en ressort par l’amour, celui d’un père pour son enfant, le plus pur qui soit. Entre les deux, il y a la résilience, la reconnaissance, la fierté tranquille et la foi en l’avenir.
Tiss Warren Jazz ne fait pas de la musique pour être entendu. Il en fait pour que vous vous sentiez
moins seuls.
Et sur ce point, L’Humain est une mission accomplie.
Darhyl Lloyd

